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Tony MorganFiche artiste 34/55

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Cet artiste anglais a vécu notamment à Londres, Düsseldorf, New York et enfin Genève, pendant de nombreuses années. D'abord sculpteur puis surtout peintre, il a aussi été un pionnier de la vidéo et de la performance. En 1972, il s'invente un double androgyne, Herman.

60 ans d’art performatif en Suisse musée Tinguely, 20.09.2017 - 28.01.2018

London Rome Walk (1960)

Photographie, 37.8 x 27 cm

En 1960, Tony Morgan réalise sa première performance, une marche de Londres à Rome, où se déroulent les Jeux olympiques. Au départ et à l'arrivée, il se fait photographier et interviewer. 

 

Pause, Lash, Herman Live (1972-1973)

Série de photographies, 140.6 x 101.6 cm chaque, collection Fonds cantonal d’art contemporain, Genève. 

En 1972, Tony Morgan invente Herman, un double androgyne. Sous ce masque, il compose des chansons qu'il interprète et réalise des vidéos et des photographies. 

Herman: Spot, Smear, Squeeze, Applause (1973, vidéo, 18'16'')

Vidéos noir/blanc, son, 18’16’’

En 1972, Tony Morgan invente Herman, un double androgyne. Sous ce masque, il compose des chansons qu'il interprète et réalise des vidéos et des photographies. 

Volcano (1973, vidéo, 2'13'')

Vidéo noir/blanc, son, 2’13’’, collection Fonds d'art contemporain de la ville de Genève

En 1972, Tony Morgan invente Herman, un double androgyne. Sous ce masque, il compose des chansons qu'il interprète et réalise des vidéos et des photographies. 

Munich People (Aktionraum Munich) (1969, vidéo, 20')

Vidéo noir/blanc, son, 20', collection Fonds d’art contemporain de la ville de Genève

Tony Morgan est invité, notamment avec Klaus Rinke, pour inaugurer l’Aktionraum. Cherchant le contact humain, il demande aux visiteurs de lui donner leur nom, date et heure de visite face à sa caméra, pour témoigner de ce face à face, considéré par l’artiste comme la base de la performance. 

 

People's Presence (Munich, 21.02.1970)

Photographies

Tony Morgan demande au public de s’aligner en file d’attente, avant de passer devant lui. A ce moment, chaque visiteur et l’artiste se regardent dans les yeux pendant une ou deux minutes.

PerformanceProcess Paris, Centre culturel suisse 18.09-13.12.15


Remerciements à Christine Serdaly Morgan
Sélection de vidéos et de photographies centrées sur la mise en scène de son propre corps. Munich People et Peoples Presence se réfèrent à des performances où l'artiste, debout, fait face à chaque spectateur, l'un après l’autre. Herman: Spot, Smear, Squeeze, Applause présente une suite d’actions où Tony Morgan/Herman joue avec la lentille de la camera, donc avec la surface de l'écran.

Munich People (Aktionraum Munich), (1969, 20')

Film transféré sur vidéo, collection FMAC, Genève

Peoples Presence (Munich, 21.02.1970)

Photographies extraites du livre-objet, 19 pages, 24×32 cm, 2 pages dactylographiées, 2 photographies n/b 23,3×16 cm, 32 photographies n/b 24×18,3 cm, collection TMStudio, Genève

Lash (1973, 6'54'')

Video, collection FMAC, Genève

Volcano (1973, vidéo, 2'13'')

Collection FMAC, Genève

Herman live (1976)

Photographie, 140,6×101,6cm, collection FCAC, Genève, n° inv. 02967 A-E

extraball

colloques

+

Notice biographique

bibliographie

interview

images

videos

textes

Un art aux identités plurielles

Tony Morgan a eu des intuitions de précurseur de la performance et de la vidéo. ...

Tony Morgan a eu des intuitions de précurseur de la performance et de la vidéo.

D'abord sculpteur dans le sillage de la nouvelle sculpture anglaise, Tony Morgan (1938–2004), pionnier de la vidéo, réalise des films expérimentaux, des installations, des performances et participe à l'aventure Fluxus, collabore avec Daniel Spoerri, Robert Filliou ou Emmett Williams.

En 1960, il marche de Londres à Rome, où se déroulent les Jeux olympiques. Au départ et à l'arrivée, il se fait photographier et interviewer, bornant ainsi son action, qui devient sa première performance. Il note dans un carnet perdu le quotidien et les sensations du marcheur. Agir et documenter qui sont dans l'air du temps deviennent pour partie ses outils artistiques. Plus abouti, The Book of Exercises (1971) met en regard tapuscrit et photographies illustrant des gestes aussi simples que faire son lit ou monter à une échelle. En 1972 à New York, il s'invente un double androgyne, Herman. Sous ce masque, il compose des chansons qu'il interprète, se taille un costume de superstar, se grime en future épouse et réalise vidéos et photographies qui constituent le corpus le plus connu de son œuvre.

Après Rome, Florence, Paris, Düsseldorf où il enseigne, New York et Amsterdam, il s'installe à Genève, se consacre essentiellement à la peinture et fait quelques performances et vidéos à caractère politique.

Si Morgan s'est emparé de techniques alors nouvelles et fait de son corps un matériau, il s'est toujours dit peintre, revendiquant des références hors mode : couleurs et formes simples de Giotto di Bondone et d'Henri Matisse, expressivité sombre des Mangeurs de pommes de terre de Vincent van Gogh qu'il réinterprète ou de Dante qu'il illustre.

Toute classification par période, lieu ou médium ne peut rendre compte d'une démarche libre tant dans la manière de faire que dans celle de penser. Rétrospectivement, les ruptures se révèlent plus apparentes que réelles tant nombre de ses vidéos ou performances sont picturales et nombre de ses peintures performatives.

 

Claude-Hubert Tatot, historien de l'art

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