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Dieter MeierFiche artiste 43/78

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Dans le parcours de ce dandy punk on trouve des films expérimentaux, des performances conceptuelles, des autoportraits en magicien, l'aventure musicale Yello avec Boris Blank rythmée par des vidéos clips d’anthologie, et plus récemment de nouveaux projets musicaux et des expositions d'envergure. Et bien d’autres choses encore…

PerformanceProcess Paris, Centre Culturel Suisse 18.09-13.12.15
mar 13 Oct 2015
1
20h
Dieter Meier / Out of ChaosCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Présenté dans le cadre du Focus Dieter Meier

Out of Chaos est le nouveau projet musical de Dieter Meier, il est accompagné de Ephrem Lüchinger (piano), Tobias Preisig (violon), Alessandro Giannelli (batterie), Nicolas Rütimann (guitare) et Ralph Sonderegger (basse).

mer 14 Oct 2015
1
20h
Dieter Meier / Out of ChaosCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Expositions

Dans le parcours de ce dandy punk on trouve des films expérimentaux, des performances conceptuelles, des autoportraits en magicien, l'aventure musicale Yello avec Boris Blank rythmée par des vidéos clips d’anthologie, et plus récemment de nouveaux projets musicaux et des expositions d'envergure. Et bien d’autres choses encore…

60 ans d’art performatif en Suisse musée Tinguely, 20.09.2017 - 28.01.2018

Two Words (1971)

25.02.1971, 16:00 – 18:00, 57th Street / 8th Avenue, New York

Dieter Meier paie un dollar à chaque personne qui choisit le mot YES ou NO en le prononçant à haute voix. Chaque achat s’accompagne d’un certificat.

 

Pink (1969)

05.11.1969, Bahnhofstrasse / Bellevue / Heimplatz / Paradeplatz, Zürich

Tirage N/B sur papier

Un ruban plastique de 15 m de long est collé en diagonale dans l’espace public d’une ville.

 

5 Days (1969)

17.11.1969 - 21.11.1969, Heimplatz, Zürich

Dieter Meier compte des pièces en métal dans un parc public. Durant 5 jours, 8h par jour, il remplit chaque sac de 1’000 pièces.

Confirmation of Passage (Gang-Bestätigung) (1970)

06.07.1910, 17:00 – 20:00, Helvetiaplatz, Zürich

Un espace est défini pour le public. Chaque personne franchissant cet espace reçoit un certificat avec son nom, la date et l’heure attestant de ce passage.

 

Gehen (1979)

13.07.1970, 18:00 – 19:00, Bellevue, Zürich

Dieter Meier marche une heure durant sur une distance de 20m de long dans un espace public. Cette action a été annoncée préalablement dans la presse.

This man will not shoot (1971)

23.02.1971, 21:00 – 23:00, The New York Cultural Center, New York

Dieter Meier est posté dans le hall d’entrée de l’institution, un revolver à la main. A côté de lui est posé, à même le sol, un cartel avec l’inscription This man will not shoot.

 

Datum I/II (1972)

27.06.1972, documenta 5, Bahnhofsplatz, Kassel
Dieter Meier fait sceller au sol une plaque commémorative, avec l’inscription : « AM 23.MAERZ 1994 VON 15.00-16.00 UHR WIRD DIETER MEIER AUF DIESE PLATTE STEHEN KASSEL, 27.JUNI.1972 » 

23.03.1994, Bahnhofsplatz, Kassel
Le 23 mars 1994, entre 15:00 et 16:00, Dieter Meier se tient sur la plaque métallique disposée à cet endroit 22 ans plus tôt, entouré de public. La plaque est descellée après 60’.

PerformanceProcess Paris, Centre culturel suisse 18.09-13.12.2015

Akrobatik I - VII (1977, 25'45'')

Dans la série des films expérimentaux Akrobatik, il tente des postures improbables, souvent avec un complice.

Photographies de performances

Présenté dans le cadre du Focus Dieter Meier

Pink (1969) tirages n/b sur papier
5 Days (1969) tirages n/b sur papier 
Gang-Bestatigung (1970) tirages n/b sur papier 
This man will not shoot (1971) tirages n/b sur papier 
Datum I / II (1972) tirages n/b sur papier
Gehen (1979) tirages n/b sur papier

extraball

colloques

+

Notice biographique

Né en 1945, vit à Zurich
Dieter Meier déploie plusieurs facettes entre approche conceptuelle, introspection, performances, farces grotesques, humour et jeu. Dans le courant des années 1970, Dieter Meier réalise des performances conceptuelles dans à Zurich ou à New York, et expose notamment au Kunsthaus de Zurich ou au New York Cultural Center. Il réalise même un projet dans le cadre de la Documenta 5  à Kassel en 1972, sous forme de plaque au sol qui convoque un événement en 1994, qui aura lieu avec un nombreux public. En 1976, il décide d'arrêter la « course de l'art » sans pour autant cesser de créer. Récemment, il a renoué avec les expositions, notamment à la Sammlung Falkenberg, Deichtorhallen, Hambourg et au ZKM, Karlsruhe (2011–2012), au Watermill Center, New York (2013) et au Aargauer Kunsthaus, Aarau (2013).

bibliographie

interview

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Dieter Meier, vue d’ensemble au Musée Tinguely © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier, vue d’ensemble au Musée Tinguely © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier, vue de l’exposition au Centre culturel suisse © Marine Peixoto

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Focus Dieter Meier au Centre culturel suisse © Ludovic Balland

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Focus Dieter Meier au Centre culturel suisse © Ludovic Balland

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Dieter Meier, Pink (1969)

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Dieter Meier, 5 days (1969)

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Dieter Meier, Gang-Bestatigung (6 juillet 1970)

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Dieter Meier, Two Words (1971) Performance 57th Street/8th Avenue, New York, 25.02.1971. © Courtesy Dieter Meier, Grieder Contemporary, Zurich et Thomas Zander, Cologne

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Dieter Meier, Two Words (1971) Performance 57th Street/8th Avenue, New York, 25.02.1971. © Courtesy Dieter Meier, Grieder Contemporary, Zurich et Thomas Zander, Cologne

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Dieter Meier, Two Words (1971) Performance 57th Street/8th Avenue, New York, 25.02.1971. © Courtesy Dieter Meier, Grieder Contemporary, Zurich et Thomas Zander, Cologne

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Dieter Meier, Two Words (1971) Performance 57th Street/8th Avenue, New York, 25.02.1971. © Courtesy Dieter Meier, Grieder Contemporary, Zurich et Thomas Zander, Cologne

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Dieter Meier, This man will not shoot (1971)

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Dieter Meier, Gehen (1979)

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Dieter Meier, Datum I / II (1972)

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Dieter Meier, Akrobatik I-VII (1977, vidéo)

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Dieter Meier, Akrobatik I-VII (1977, vidéo)

 

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Dieter Meier / Out of Chaos, concert au Centre culturel suisse (2015) © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier / Out of Chaos, concert au Centre culturel suisse (2015) © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier / Out of Chaos, concert au Centre culturel suisse (2015) © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier / Out of Chaos, concert au Centre culturel suisse (2015) © Simon Letellier / CCS

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Dieter Meier / Out of Chaos, concert au Centre culturel suisse (2015) © Simon Letellier / CCS

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textes

Chanteur acrobatique du néant

C’est grâce à Yello que Dieter Meier est devenu célèbre. En 1977 déjà, il chantait dans des concerts punk et sortait son single Cry for Fame. Aujourd’hui, il chante avec de nouveaux groupes et expose ...

C'est grâce à Yello que Dieter Meier est devenu célèbre. En 1977 déjà, il chantait dans des concerts punk et sortait son single Cry for Fame. Aujourd'hui, il chante avec de nouveaux groupes et expose dans les musées.

Les clips vidéo de Yello ont fait de Dieter Meier une icône de l'art contemporain. Ce dont les spectateurs de MTV ne pouvaient se douter à l'époque – et ce que beaucoup ne savent toujours pas aujourd'hui –, c'est que dans des vidéos comme Pinball Cha Cha (1982), il associe ses premiers films d'artiste et ses premières expériences comme chanteur du duo zurichois pour en faire une sorte de Gesamtkunstwerk, accompagné de l'univers sonore de Boris Blank.

Les figurines en pâte à modeler de Pinball Cha Cha dansaient dans un flipper bariolé, comme dans Lost Pieces montré en 1976 lors de la première exposition qui lui a été dédiée au Kunsthaus de Zurich. Pour de nombreux connaisseurs, ces figurines apparaissent comme des précurseurs de celles de Peter Fischli David Weiss. Dieter Meier s'est tout d'abord retiré de la « course à l'oeuvre d'art ». Il a fait un come-back avec de grandes expositions personnelles aux Deichtorhallen à Hambourg (2011) et au Aargauer Kunsthaus à Aarau (2013).

À Art Basel 2015, il montre les vidéos de la série Akrobatik (1977), où il s'efforce à faire le poirier sur une chaise, une rose à la main (qui n'est « qu'une rose » comme le dirait Gertrude Stein). Il échoue encore et encore, figure symbolique de la déchéance de l'époque moderne. L'échec, posture somme toute assez prisée dans le monde de l'art, n'a pourtant jamais été son objectif. Il voulait au contraire explorer les tréfonds de son Moi lors d'actions artistiques, de films expérimentaux, d'oeuvres éphémères et d'exercices vocaux. Voilà ce qu'il nous a confié à Zurich :

« Mon père a toujours souhaité que j'apprenne à jouer d'un instrument de musique –, mais comme j'étais trop paresseux pour apprendre la flûte, pour le concert de fin d'année, le professeur m'a assis à la dernière rangée, m'a enlevé ma flûte et m'a mis une règle dans la bouche. […]

Après ma toute dernière partie de poker – on jouait pour vraiment beaucoup de pognon –, je me suis acheté une guitare. J'avais 24 ans. Très vite, je me suis rendu compte que je n'arriverais à en jouer que si elle n'avait qu'une seule corde. Alors, j'ai enlevé les autres. Et je me suis mis à fredonner une sorte de mélopée indienne, DAADAADAA, pour l'accompagner : c'est comme ça que j'ai commencé à apprivoiser la musique. Ensuite, j'ai joué avec un groupe punk, Assholes. Je m'époumonais dans des langues exotiques, criais du “bebop” à tue-tête, gueulais, tapais sur le micro, bref, l’anarchique dans toute sa splendeur. »

Aujourd’hui, son single au titre résolument modeste, Cry for Fame, est un objet culte. À l’époque, on le voyait crier avec sa voix enrouée et ses lunettes de soleil au Club Hey, place Bellevue à Zurich – mais, deux à trois coups de pouce du hasard plus tard, un zeste de Boris Blank, et Yello décollait sur la scène internationale.

« Notre premier disque a même été joué par les DJ des plus grandes émissions black et latino des États-Unis – une forme précoce du rap, et sur une note seulement, puisque je ne sais pas chanter… Ça a été un énorme succès et nous a permis d’engranger tous ces contrats complètement dingues avec Warner Bros. – alors qu’en réalité, on ne l’a vraiment pas fait exprès. »

Le succès sur MTV leur a apporté plein de « balles supplémentaires », pendant que les flippers crachaient des textes radicaux tels que standingonthemachineandeverydayforallthelife. Dieter Meier, quant à lui, n’a jamais travaillé à une machine dans une usine. Il s’est attelé à toujours réinventer sa vie, tout au long de sa vie.

Il a également reçu le World Music Award pour The Race. Au Midem à Cannes, Vicious Games a été nominé et Desire primé, et Pinball Cha Cha fait aujourd’hui partie de la collection de clips vidéo du MoMA de New York.
Pour PerformanceProcess, il retrouvera le temps de deux concerts ses amis de Out of Chaos, le groupe formé de Tobias Preisig (violon), Ephrem Lüchinger (claviers), Alessandro Giannelli (batterie) et Ralph Sonderegger (basse).

Stefan Zweifel, curateur et philosophe

Schueffele

Chratze, pumpe, sprütze, krache
Zupfe, stosse, ischarniere,
A risigi Maschine lache
Dass sie schön cha explodiere

Schüüfele, schüüfele, Wasser schöpfe
Jede Tag und ohni Ziel
De Zauberer fangt a umehüpfe,
Scho isch er uf em Bäsestiel

Jetzt isch de Schweisser en Schaman
Am Ise hucht er Läbe ii
De Totechopf en Scharlatan
Und no en Schprutz, das isch’s dänn gsi

En Garteschluch rüert Wasserzeiche
Wie en Juchzger höch i d’Luft
De Isechopf fängt jetzt a seiche
Denn isch siis Läbe au verpufft

Schüüfele, schüüfele, falle laa
Di ganz Maschine isch sis Chind
Use spucke tralala
Chömed mit, ich gang jetzt gschwind

Dänn hebt er ab uf eme Bäse
Hopp und furt is Firnament
Und hinder sich die Isewäse
Wo Herz und Seel vom Meister händ

© Dieter Meier

Schueffele, poème de Dieter Meier inséré dans son texte "La conquête de l'inutile" publié dans le catalogue raisonné Jean Tinguely, Vol. 3, 2005 (Ed. Bruno Bischofberger). Dieter Meier a lu ce poème en hommage à Tinguely lors de ses concerts avec Out of Chaos au CCS en 2015.

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