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PerformanceProcess propose une approche subjective de la performance suisse de 1960 à nos jours.


Ce projet a été présenté dans une première configuration au Centre culturel suisse - Paris, du 18 septembre au 13 décembre 2015. Il a ensuite été réarticulé et développé à Bâle, du 19 septembre 2017 au 18 février 2018, dans le cadre d’une coopération exceptionnelle entre trois institutions bâloises, le Musée Tinguely, Kaserne Basel et la Kunsthalle Basel, en partenariat avec le Centre culturel suisse - Paris.

Ce site www.pprocess.ch, dont le graphisme a été conçu par Ludovic Balland, est un site de documentation et d’archives sur les oeuvres des 76 artistes, groupes et compagnies participant à PerformanceProcess dans les différentes expositions et programmes de performances présentés à Paris et à Bâle. Il regroupe des photos, vidéos, interviews, textes et autres informations, constituant ainsi une ressource de référence sur la performance suisse.

La performance - médium aux multiples définitions et aux confins de plusieurs disciplines - suscite un net regain d'attention depuis quelques années, comme en témoignent, par exemple, Performa Biennial à New York dès 2005, le Nouveau Festival au Centre Pompidou à Paris de 2009 à 2015, ou la section The Tanks: Art in Action à la Tate Modern à Londres, préfigurée en 2012 et active depuis 2016. En Suisse, le Prix suisse de la performance fait son apparition en 2011. PerformanceProcess s'inscrit bien sûr dans cette mouvance, mais découle aussi, à l’origine, de la spécificité pluridisciplinaire du CCS, notamment les champs des arts visuels et des arts vivants. PerformanceProcess à Paris visait donc à présenter – sur un même plan et dans un même espace – des œuvres d'artistes identifiés dans ces deux champs artistiques. Nous assumons également une approche subjective de la performance, puisque les artistes choisis ne sont pas exclusivement identifiés comme performeurs, mais développent leur travail en réalisant des performances parmi d'autres médiums. Nous employons d'ailleurs le mot « performance » par commodité. D'autres termes tels happening, event, action ou concert sont également utilisés. Le champ historique pris en compte s'étend de 1960 au présent. Il commence avec Jean Tinguely et ses machines autodestructrices réalisées dans le jardin du MoMA à New York en 1960, puis traverse plus de cinq décennies, jusqu'à prendre en compte des pratiques d'artistes qui ont moins de 30 ans aujourd'hui.

PerformanceProcess au Centre culturel suisse avait la forme hybride d'une exposition-festival, articulée en plusieurs sections aux formats, temporalités et localisations multiples. Pendant trois mois, une exposition composée de documents et d'une centaine d'œuvres réalisées par trente-cinq artistes était présentée dans les espaces du CCS. Au centre de la salle principale se succédaient douze focus – des expositions monographiques de cinq jours – souvent accompagnés d’actions de durées oscillant entre quelques minutes et cinq jours. Au total, plus de quarante « performances » proposées en une centaine de «représentations» ont été présentées au CCS ainsi que dans onze lieux partenaires à Paris. Un colloque a apporté des éclairages théoriques et historiques sur la performance, et ouvert le sujet sur une perspective internationale.

Nous avons souhaité que PerformanceProcess puisse rebondir ailleurs, après sa première version à Paris. Bâle nous paraissait représenter un contexte idéal, par l’importance que constitue la performance dans cette ville, et par la qualité exceptionnelle de ses institutions artistiques. Philippe Bischof, alors directeur des Affaires culturelles du Canton de Bâle-Ville, a été très intéressé par cette perspective et a facilité la mise en réseau des institutions partenaires.

De nombreuses discussions plus tard, les différentes institutions composant PerformanceProcess Basel proposent une « saison » dédiée à la performance suisse, imaginée de manière chorale, et constituée de trois projets distincts et complémentaires. Au Musée Tinguely, l’exposition 60 ans d’art performatif en Suisse regroupe des œuvres et documents de 41 artistes, groupes ou compagnies actifs entre 1960 et aujourd’hui, et est accompagnée d’une quinzaine de performances, le tout sur une durée de plus de quatre mois. A la Kaserne Basel, Performing choreographies regroupe 10 performances en 6 jours, dont deux itinérantes dans l’espace public. Ce programme fait la part belle à « des œuvres entre performance et chorégraphie, où les corps se meuvent de mille façons, entre « objets » exposés et chorégraphie organisée à travers le temps et l’espace ». A la Kunsthalle Basel, New Swiss Performance Now explore la jeune scène suisse de performance en conviant pendant un mois 24 artistes ou collectifs à développer une « exposition en direct, dans laquelle aucune documentation, scripts, accessoires ou autres traces de spectacles ne seront exposés ».

Les 26 et 27 janvier 2018, un colloque co-organisé par le Musée Tinguely et la Kunthalle Basel en partenariat avec le Centre culturel suisse viendra ponctuer la saison par des conférences et des débats impliquant des intervenants suisses et internationaux.

Jean-Paul Felley & Olivier Kaeser